Présentation finale du workshop « L’écriture photographique » 2018-2019

CHRONIQUE D’UNE DOULEUR

Gwenola de Muralt

«Il n’y a qu’une douleur qu’il soit facile de supporter, c’est celle des autres».
René Leriche, chirurgien et physiologiste français (1879 – 1955)

Ce travail photographique propose une vision brute de la douleur. S’interrogeant sur son invisibilité, l’artiste, au travers d’un huis-clos, utilise le médium photographique comme révélateur pour questionner la complexité de la douleur.

Il n’y a pas de vérité de la douleur, elle n’est ni vraie, ni fausse, elle est là. Elle domine la situation, elle imprime son rythme, elle prend son temps et sa lenteur insidieuse nous fabrique un intérieur chaotique. Elle la connaissait seulement par fragments, mais sa noirceur toute entière est entrée chez elle, balayant sa lumière.

La douleur est sournoise, elle a provoqué un rétrécissement du monde qui l’entoure, ainsi qu’un repli sur elle même. Elle lui a collé à la peau, elle a violé son espace mais aux yeux des autres, elle restait suspecte car sa présence échappait à la vue.

Représenter l’invisible

Comment représenter quelque chose qu’on ne peut ni toucher ni ressentir si elle n’est pas déjà en nous? C’est ce défi que l’artiste relève. Pendant plus d’une année, elle photographie la douleur. Une mise en scène minutieuse pour chaque image, dans laquelle elle est à la fois l’artiste et le personnage; 30 scènes composant cette chronique photographique de la douleur, et qui, à partir d’un vécu personnel, accède à l’universel en faisant comprendre et sentir l’incommunicable mieux que n’importe quels mots.